CBNEWS.fr > Edito

Recherche

> Recherche avancée

Chaque matin, les informations chaudes de la rédaction
S'abonner

Le résumé de l'information du magazine en vidéo et dans votre boîte mail...
S'abonner

Le magazine CBNEWS, sur votre ordinateur, tous les dimanches.
S'abonner

Chaque jeudi, par mail l'actu des tendances Luxe, Design, Art & LifeStyle
S'abonner

Les guides référençant tous les acteurs de la communication par métiers spécialisés.

Christian Blachas

édito

par Christian Blachas

Le nouveau mot de cinq lettres

Si ce n’était pas aussi dramatique pour notre avenir, la crise financière et économique sans précédent que nous traversons aurait de quoi nous faire sourire. Marx et Lénine doivent se retourner dans leur tombe. Morts de rire. L’Amérique, ce symbole du libéralisme, de la libre entreprise, ce défenseur absolu du marché, bref, ce phare du capitalisme rayonnant, ne trouve d’autres solutions que de nationaliser à tout-va pour éviter une catastrophe mondiale. Et ils sont imités en cela par les « pays frères », qui ont eux aussi emprunté la même voie : l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique. La France évitera-t-elle ce genre « d’humiliation » ? P
 
as sûr. Comment ne pas éprouver rancoeur et colère contre tous ceux qui nous ont collés dans cette situation ? Car ils sont tous coupables : les golden boys de Wall Street, les banques, les assureurs, les dirigeants politiques. Ce serait à eux d’être sanctionnés, et non au pauvre contribuable qui, une nouvelle fois, va devoir payer les pots cassés d’une façon ou d’une autre. Et, naturellement, nous sommes incapables de quantifier les dommages collatéraux que la « Crise » – un mot en cinq lettres qui ne tardera pas à remplacer le mot « merde » – va provoquer sur le business de la communication. Mais nous pouvons être légitimement inquiets quand on voit que pour la première fois de leur histoire, les investissements publicitaires ont baissé au cours du troisième trimestre aux États-Unis, quand on apprend qu’Air France va couper ses budgets de 15 %, que les médias voient fondre leurs recettes publicitaires. Le plus terrible est certainement le sentiment d’impuissance ressenti devant l’ampleur du phénomène. Que pouvons nous faire, tous, à notre modeste niveau ? Continuer à bien gérer, à maîtriser les coûts, à investir en développement, à améliorer les produits ? On n’arrête pas. Pire : que peut-on raisonnablement attendre de notre classe politique ? Pas grand-chose. On le sait bien. Nous sommes trop dépendants de la mondialisation.
 
Prier ? Pourquoi pas ? À condition de savoir qui prier. Ce qui serait grave, en tout cas, c’est de penser que la nationalisation est le seul remède pour sortir du marasme. Une marche arrière, un renversement de la vapeur seraient de nature à créer encore plus de confusion et contribueraient définitivement à une perte totale de confiance. Il semble évident que les réformes doivent continuer. Que l’État restreigne son train de vie (quand on lit l’article du « Monde » de mercredi dernier sur le budget de fonctionnement du Sénat, on est atterré). Que les banques ne coupent pas les lignes de crédit accordées aux PME. Il y a un proverbe américain qui dit : « Il y a crise quand votre voisin perd son job. Il y a récession quand vous perdez le vôtre. » Observez bien vos voisins en ce moment.
CB News 06/10/2008 - Christian Blachas