Si ce n’était pas aussi dramatique pour notre
avenir, la crise financière et économique sans
précédent que nous traversons aurait de quoi
nous faire sourire. Marx et Lénine doivent se
retourner dans leur tombe. Morts de rire.
L’Amérique, ce symbole du libéralisme, de la libre
entreprise, ce défenseur absolu du marché, bref,
ce phare du capitalisme rayonnant, ne trouve
d’autres solutions que de nationaliser à tout-va
pour éviter une catastrophe mondiale. Et ils sont
imités en cela par les « pays frères », qui ont
eux aussi emprunté la même voie : l’Angleterre,
l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique. La France
évitera-t-elle ce genre « d’humiliation » ? P
as sûr.
Comment ne pas éprouver rancoeur et colère contre
tous ceux qui nous ont collés dans cette situation ?
Car ils sont tous coupables : les golden boys de
Wall Street, les banques,
les assureurs, les dirigeants
politiques. Ce serait à eux
d’être sanctionnés, et non
au pauvre contribuable qui,
une nouvelle fois, va devoir
payer les pots cassés
d’une façon ou d’une autre.
Et, naturellement, nous
sommes incapables de
quantifier les dommages
collatéraux que la « Crise »
– un mot en cinq lettres qui
ne tardera pas à remplacer
le mot « merde » –
va provoquer sur le business
de la communication.
Mais nous pouvons être
légitimement inquiets
quand on voit que pour
la première fois de leur
histoire, les investissements publicitaires ont baissé
au cours du troisième trimestre aux États-Unis,
quand on apprend qu’Air France va couper
ses budgets de 15 %, que les médias voient fondre
leurs recettes publicitaires. Le plus terrible est
certainement le sentiment d’impuissance ressenti
devant l’ampleur du phénomène. Que pouvons nous
faire, tous, à notre modeste niveau ? Continuer
à bien gérer, à maîtriser les coûts, à investir
en développement, à améliorer les produits ?
On n’arrête pas. Pire : que peut-on raisonnablement
attendre de notre classe politique ? Pas grand-chose.
On le sait bien. Nous sommes trop dépendants de
la mondialisation.
Prier ? Pourquoi pas ? À condition
de savoir qui prier. Ce qui serait grave, en tout cas,
c’est de penser que la nationalisation est le seul
remède pour sortir du marasme. Une marche
arrière, un renversement de la vapeur seraient
de nature à créer encore plus de confusion et
contribueraient définitivement à une perte totale
de confiance. Il semble évident que les réformes
doivent continuer. Que l’État restreigne son train
de vie (quand on lit l’article du « Monde » de
mercredi dernier sur le budget de fonctionnement
du Sénat, on est atterré). Que les banques ne
coupent pas les lignes de crédit accordées aux PME.
Il y a un proverbe américain qui dit : « Il y a crise
quand votre voisin perd son job. Il y a récession
quand vous perdez le vôtre. » Observez bien vos
voisins en ce moment.